Endettement des ménages encore en hausse, placements financiers en baisse

2 juin 2009

La Banque de France a publié le 20 mai 2009 les comptes financiers de la
nation pour 2008, dans lesquels elle constate, d’une part, une hausse
du taux d’endettement des ménages, et d’autre part une baisse de leurs
placements financiers.

L’endettement des ménages continue à croître, mais à un rythme moins soutenu

En 2008 le taux
d’endettement des ménages a atteint de 74,4 %. Il n’était que de 71,7 %
en 2007. Ce chiffre présente le rapport entre la dette totale des
ménages français et la somme de leurs revenus disponibles.
Après une certaine stabilité observée pendant les années 1990, le taux
d’endettement des ménages s’est rapidement accru depuis le début du
siècle, loin d’atteindre cependant les sommets constatés aux Etats-Unis
ou dans d’autres pays. Si l’on peut s’étonner de ce que l’aggravation
de la crise financière au cours de l’année 2008 n’ait pas stoppé cette
progression, elle l’a tout de même ralentie : le flux net des emprunts
bancaires (c’est à dire la masse de crédits nouveaux, diminuée des
remboursements intervenus au cours de l’année) est descendu à 65,3
milliards d’euros, contre 87,6 milliards d’euros en 2007. La diminution
des crédits à l’habitat (qui tombent de 75,0 milliards à 56,4
milliards) explique principalement cette évolution.

Tandis que les placements financiers diminuent

En revanche les
placements financiers nets des ménages (nouveaux placements de l’année
diminués des retraits) sont en forte chute : ils ne sont que de 88,8
milliards d’euros en 2008, alors qu’ils atteignaient 131,5 milliards
l’année précédente. Certes, les placements sur les livrets A ont
« explosé ». Ils ont plus que doublé entre 2007 et 2008 (passant de 22
milliards à 48,4 milliards d’euros). Selon la Banque de France, c’est
avant tout la crise financière et la rémunération attractive du Livret
A qui explique la préférence des ménages français pour les produits liquides et sans risques.
Mais parallèlement, et pour la deuxième année consécutive, les ménages
ont davantage retiré de l’argent qu’ils n’en ont placé sur des plans
d’épargne-logement et des plans d’épargne populaire(– 24,8 milliards,
après – 17,7 milliards en 2007).
L’évolution a été similaire en ce qui concerne les placements dans des OPCVM
non monétaires (– 23,1 milliards d’euros, après – 10,3 milliards en
2007). Les ménages ont également allégé leurs portefeuilles d’actions
cotées et d’obligations (– 4,4 milliards, après – 0,7 milliard). Et ils
ont fortement réduit leurs flux de placements en assurance-vie
(65,7 milliards, après 89,5 milliards), le montant de la collecte
revenant à son niveau d’avant 2004. Cette désaffection a porté
principalement sur les placements en unités de compte, plus risqués, la
collecte au titre de contrats en euros ne connaissant, en revanche,
qu’un repli limité.
Toutes ces évolutions traduisent donc une forte préférence des ménages
pour la sécurité.

Pour en savoir plus : le document de la Banque de France


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