Assurance vie : les rendements des fonds en euros sont à la baisse pour 2009
21 janvier 2010C’est traditionnellement au cours du mois de janvier que les assureurs communiquent le taux de rendement de l’année passée des fonds en euros des contrats d’assurance vie, et parfois leur offre de taux garanti pour l’année en cours. Pour l’heure, la tendance est à la baisse des taux servis, de l’ordre de 3,5 à 4% en moyenne sur 2009. Dans la famille des placements sans risque, c’est pourtant l’une des meilleures rémunérations que l’on trouve sur le marché, notamment comparé au Livret A qui reste pour l’instant à 1.25% net d’impôt. L’occasion de revenir sur ce sujet et de décrypter le fonctionnement de ces fonds à capital garanti.
Ces fonds en euros sont gérés par les compagnies d’assurances. En respect du Code des Assurances, ils répondent à de nombreuses règles prudentielles et leur méthode de comptabilisation permet de garantir un taux de rendement positif. L’épargnant a donc la garantie de ne jamais subir de perte en capital.
Majoritairement investies en obligations, ils procurent un autre avantage, puisque le rendement distribué une année est définitivement engrangé : c’est ce que l’on appelle « l’effet de cliquet ». A l’inverse, les capitaux investis sur les « unités de compte » (part de sicav, de FCP, …) n’offrent pas cette protection. Leur performance étant directement liée au marché financier sur lequel ils sont investis (actions France, Internationale, pays émergents, …), ils peuvent donc sensiblement varier à la hausse comme à la baisse.
Des rendements compris entre 3,5% et 4,5%
Pour 2009, la tendance est donc à la baisse. Les meilleurs contrats du marché offre un rendement d’environ 4,5%, les moins bons vers 3%, la moyenne se situant plutôt autour de 3,8%. Si quelques assureurs ont réussi à offrir le même taux qu’en 2008, la plupart d’entre eux affiche une baisse de quelque 0,3 à 0,5 point. Deux principales raisons expliquent ce mouvement. D’une part, le rendement des actifs obligataires a baissé l’an passé en raison des conditions de marché (depuis cet été, l’OAT à 10 ans offre un rendement inférieur à 3,7%). D’autre part, le Livret A n’est plus une menace commerciale (il est passé progressivement de 4% en janvier 2009 à 1,25% au 1er août dernier). Car il faut savoir que la majorité des assureurs disposent, au sein de ces contrats, d’un atout permettant de « doper » le rendement. C’est la PPE (provision pour participation aux excédents) qui est une réserve de participation aux bénéfices. Elle permet de sécuriser les plus-values réalisées sur le portefeuille d’actions et de lisser les rendements du contrat. Cette PPE doit être redistribuée sous huit années.

Même si le taux moyen de rendement s’affiche à la baisse depuis une décennie, les fonds en euros des contrats d’assurance vie restent toujours une bonne solution pour placer son épargne sans risque
Taux garanti 2010 : attention aux conditions !
Concurrence oblige, de nombreux assureurs annoncent des taux garantis sur l’année 2010. La réglementation des assurances autorise une telle pratique.
Sachez tout d’abord qu’au niveau réglementaire, le taux minimum garanti applicable aux contrats de plus de huit ans est égal, au maximum, à 60% du TME (taux moyen des emprunts d’états). Mais les assureurs peuvent également proposer un « taux minimal garanti majoré » sur un an, afin de garantir un taux de rendement à l’épargne versée actuellement. Ce taux ne peut excéder 85% de la moyenne des taux de rendement des actifs financiers de la compagnie d’assurance calculés sur les deux derniers exercices.
Exemple : une compagnie ayant distribué des rendements sur deux ans de 4.45 % pour la première année et 4.80 % sur la seconde, peut garantir un maximum de 3.94 % (4,45 + 4,80 / 2 soit 4.63 X 0.85%)
On trouve ainsi sur le marché des offres allant de 3.7% à plus de 4.5% net de frais de gestion. Mais attention à bien savoir lire entre les lignes ! Car la plupart des assureurs, en contrepartie d’un rendement pouvant aller jusqu’à 4,5%, imposent des contraintes pas forcément bien comprises des assurés. D’une part, le taux annoncé n’est parfois garanti que sur un montant plafonné. D’autre part, il est souvent conditionné à l’investissement en parallèle sur des fonds risqués, c’est-à-dire sur des unités de compte (de l’ordre de 20% des capitaux versés). Il est donc impératif, dans ce cas de figure, de savoir si vous souhaitez diversifier vos placements en faveur de supports investis partiellement ou totalement en actions (avec les aléas que cela implique) ou si vous souhaitez uniquement des placements sans risque en capital.













Pas encore de commentaire.